Deux mots caractérisent la civilisation de la Grèce archaïque: nomos (loi, législation), et agôn (combat, rivalité, procès); ces 2 concepts étant solidaires :
Nul doute que les hoplites ( fantassin fortement armé dans l'Antiquité grecque) recrutés, pour une part au moins, parmi les paysans aisés, aient joué un rôle déterminant dans l’élargissement du cadre civique et dans le développement d’un idéal égalitaire. La date la plus ancienne de l’histoire grecque proprement dite est celle de l’institution des concours olympiques (776 av. J.-C.). À Olympie, à Delphes, sur l’isthme de Corinthe, à Némée, des concours périodiques d’abord régionaux, puis «panhélléniques» voient s’affronter, dans une nudité qui aux yeux des Grecs contribue à les séparer des barbares, les jeunes hommes des différentes cités. Le premier vainqueur de la course à pied à Olympie est un personnage assez important pour qu’après sa mort son corps serve à délimiter la frontière de deux cités. Par la suite, afin de glorifier l'athléte vainqueur, sa cité érigée ce qu'on appelera bien plus tard un "trésor"; Delphes en posséde plusieurs.
L’art participe de ce mouvement de la Grèce archaïque, d’abord par la succession rapide des styles et des époques :
Le 6e siècle développe surtout des
idées, des techniques, des expressions du siècle précédent,
éliminant tout ce que, dans les influences étrangères
il avait d’abord acceptées, mais qu' il ne pouvait assimiler.
Comme par le passé, l’art le mieux connu
de cette époque est la céramique. Le goût d’autrefois
pour les représentations d’animaux, pour les monstres ne subsiste
guère après le début du siécle. C’est l’homme qui retient à lui seul l’attention,
et les peintres de vases représentent durant plusieurs générations
des scènes de la vie courante (banquets, danses rituelles, départs
pour la guerre) ou bien des scènes mythologiques (réunions
divines, épisodes de légendes, combats contre les Amazones,
guerre de Troie, luttes entre Centaures et Lapithes); certains héros
comme Héraclès et Thésée tiendront une place
importante dans ce répertoire figuré.
La technique est d'abord celle dite de la figure noire : sur le fond rougeâtre de la terre cuite se détachent des silhouettes noires: les détails (musculature, vêtements) sont rendus par des incisions pratiquées au burin, des rehauts d’un rouge pourpre ou d’un blanc éclatant donnent quelque clarté à ces figures noires et permettent de distinguer chacune d’elles dans les groupes; les chairs féminines sont blanches.et celles des hommes rouges.
Vers les années 535, un artiste a l’idée
de ne plus traiter les figures en silhouettes, mais de les dessiner au
trait et de confier au pinceau le rendu des détails que l’on demandait
auparavant au burin : clarté, lisibilité, possibilité
de reproduire avec une plus précise exactitude les traits du visage,
et plus particulièrement le regard, tels étaient les avantages
de ce nouveau procédé, dit de la figure
rouge, grâce auquel, quelques générations
plus tard, les peintres pourront traduire sur le visage les sentiments
de l’âme. Cette invention fut fort appréciée et, Oltos
et Euphronios sont parmi les pionniers de cette nouvelle technique.
L' architecture, avec le développement
du temple, s’est lancée dans des voies nouvelles. Pendant longtemps,
les constructeurs s’étaient contentés d’élever sur
un soubassement de pierre des murs de brique et les colonnes qui supportaient
le plafond étaient en bois. Vers le début du VIe siècle,
ils commencèrent à remplacer ces matériaux légers
par le marbre ou la pierre.
À l’intérieur de l’édifice,
ce sont maintenant 2 rangs de colonnes qui, divisant la pièce en
3 nefs, supportent le plafond.. Assez vite, pour donner à l’ensemble
un caractère plus majestueux, le bâtiment, surélevé
sur un socle de 3 ou 4 marches, est entouré d’un portique: et c’est
alors que commencent à se fixer les ordres, c’est-à-dire
le rapport entre la colonne et l’entablement qu’elle supporte.
Les deux grands ordres grecs qui, dès l’origine, existent concurremment sont le dorique et le ionique :
Le décor occupe dans l’un et l’autre ordre une place importante. Il est réparti dans le fronton. Si la frise est dorique, ce sont les métopes qui le reçoivent, dans leur cadre étroit qui limite nécessairement l’ampleur de l’image. La frise ionique tolère au contraire, si même elle ne l’exige, l’allongement sur toute la surface du bandeau d’une scène dont la composition dès lors risque de manquer de rigueur.
L'expansion colonisatrice s'épuise dés le début de l' époque archaïque qui se terminera en 480. Les invasions des époques précédentes crées une prise de conscience de l'esprit grec, par opposition aux barbares (ceux qui ne parlent pas grec). On assiste a de grands rassemblements panahélléniques mais les luttes fratricides ne sont pas rares les jeux et les concours faisant l'objet de tréves pendant leur durée
On assiste également a une trés grande activité
culturelle dans le domaine des sciences (Thalés de Milet, Anaximandre, Anaximéne
...) de la philosophie et de la sociologie (Solon,...) ou de la poésie (Alcés,
Sapho ....).
Les temples dorique
étaient généralement peints. Ils sont intégrés dans une aire (Témenos)
comprenant plusieurs batiments. Cette aire sacrée a autant d'importance
que le temple lui-même car elle contient l'autel parfois conçu avant le temple.
Les premiers temples ont une structure simple : une seule
rangée de colonnes (périptére) entourant une partie centrale divisée
en une ou deux salles. Plus tard on atteindra ce qui est considéré comme un
standard du temple grec : une partie centrale en 3 salles : naos (coeur
ou cella), pronaos et à l'opposé du pronaos l' opisthodome. Puis
la colonnade se doublera (diptère) la partie centrale comprendra 4 salles,
parfois avec des colonnades intérieures lorsque le bâtiment devient trop large.
Les fidèles lors des prières déambulaient entre le mur
du naos et du pronaos et les colonnes extérieures.
- Site de Thermos représentatif d'un temple qui a évolué entre
le 9° siècle lors de sa construction à la période archaïque, jusqu'au 7° s qui
le rend complétement dorique. Les métopes reçoivent des représentations humaines
peintes. La cella fait 100 m de long.
- 1° temple d' Olympie (~600) : dédié à Hera (femme légitime de Zeus).
La cella large est à double colonnade avec contrefort. Il contenait l'Hermés
de Praxitéle ... ou sa copie !
- Temple d' Artémis à Corfou (ou Corcyre, vers 590) : murs et plafond
en pierre. Le naos de 35m de long est à double colonnade. Une pièce close remplace
l'opisthodome. Sur le tympan une gorgone-méduse agenouillée et décapitée donne
naissance à ses enfants : le cheval ailé Pégase et l'horrible Chrisaor, flanquée
de 2 panthères. Dans les angles, tassés, écrasés, un Zeus d'un coté, et de l'autre
2 personnages sans liens avec la figure centrale
Pré-Parthénon d' Athènes (43m x 21m) : Il est probable que fut construit
vers 625 (d'après le caractère composite des frontons) un temple dorique, dont
il reste des fondations prés du temple actuel construit par Phidias au 5° siècle,
ses colonnes en bois furent remplacées vers 600 par des colonnes en poros
(6x12), ..
_
Les grecs de l' Est vont être plus téméraires et c'est donc sur leurs sites que l'art Ionique va surtout se développer.
- Temple d' Héra à Samos (660) : Ville du tyran Polycrate. En façade
doublement de la colonnade généralement orientée à l' Est. Vers 590 construction
d'une galerie couverte (Stoa du sud) remplacée vers 560 par une double colonnade
sur la totalité du pourtour (diptère de l'architecte Rhoikos) qui fut incendié.
Le bâtiment est intégralement en pierre et la colonnade extérieure comprend
104 colonnes. Une double colonnade soutient le naos et le pronaos.
- Temple d' Artémis à Ephése de l'architecte Chersyphron (ou Deinocratès ?)
: Il mesurait 115 m x 55 m. Les colonnes de ??? m de haut, étaient ornées à
leur base de bas reliefs. Considéré comme l'une des 7 merveilles du monde, il
fut incendié en 356 av JC.
- Sanctuaire de Didymes (ou Didymeion) :
Les colonnes du temple (38m x 85m), qui font 19 m de haut, sont décorées de
korés à la partie inférieure comme devait l'être le temple d' Artémis.
La cella présentait la particularité d'être hypéthre (à ciel ouvert).
Aux alentours quelques édifices mineurs ornaient le sanctuaire.
En Grèce continental les édifices sont plus modestes :
- Temple d' Apollon à Corinthe
.
D'ordre dorique, les colonnes ont seulement 6 m de haut. Ce temple porte en germe de futures "idées" architecturales. La partie centrale se divise en 4 salles. Afin de parfaire la perspective , le stylobate (sur lequel repose les colonnes) est légèrement ... bombée au centre afin qu'il ne paraisse pas déprimé.
- Sanctuaire de Sélimonte en Sicile (540) : D'ordre dorique,
les métopes des façades sont sculptés en haut relief.
Pour
être plus lents, les progrès de la statuaire n'en sont pas moins considérables.
Tout comme dans la céramique, les écoles sont nombreuses. C’est le type du couros
qui, avec celui de la coré, retient presque uniquement l’attention des
sculpteurs : qu’il s’agisse d’une divinité dans un temple, d’un fidèle qui consacre
sa propre image ou d’un défunt qui veut se survivre et fait placer sa statue
sur sa tombe, c’est toujours sous la même apparence que se présente la
statue. Car – et c’est un des traits marquants de l’art grec – le détail
particulier, le trait individuel, l’anecdote, le temporaire sont exclus.
Il n’est d’art, comme de science, que du général.
Statue féminine, la corè (plur. corai ou
corés) apparaît au début de la sculpture monumentale grecque (milieu ~
7e s.) et se maintiendra jusqu’à la fin de l’archaïsme (~ 480 env.). Ce type,
dont l’origine doit être cherchée en Égypte et en Mésopotamie, demeure particulièrement
constant. Ci-contre la coré à l'oiseau ![]()
Il représente toujours une figure féminine debout, les
pieds joints ou, parfois, le pied gauche légèrement avancé, les deux bras
pendants, ou bien un bras levé pour tendre une offrande tandis que l’autre
tient un pli du vêtement (le chiton long et le peplos).
Le traitement de la corè marquera une nette évolution
vers un naturalisme identique à travers le monde grec. Cette particularité
est certainement due aux artistes qui, dès cette époque, voyagent beaucoup
et atténuent ainsi les caractères régionaux qui pourraient faciliter, actuellement,
la répartition précise de ces productions par ateliers ou par écoles. On notera
cependant qu’à l’ouest le type est plus mince et plus gracile qu’à l’est.
Ces corai sont généralement sculptées dans le marbre,
rarement dans le calcaire. Souvent, elles sont faites de plusieurs pièces
assemblées. Les détails du visage (yeux), les accessoires (attributs et bijoux)
sont fréquemment ajoutés et traités dans un autre matériau; mais c’est surtout
la décoration peinte qui anime la statue par une polychromie héritée de la
palette égyptienne. 

On connaît mal la signification du type iconographique
de la corè; les riches trouvailles effectuées en 1885 sur l’Acropole
inclinent cependant à n’y voir que des offrandes, disposées seules ou en groupe,
particulièrement à la mode dans la seconde moitié du ~ 6e siècle à Athènes.
.Au ~ 8e siècle et au début du ~ 7e, la Grèce produisit
de nombreux petits bronzes représentant des figures masculines debout, de
face, qui annoncent toute la série des kouroi (sing. kouros ou couros)
qui marquent les premières réalisations de statuaire monumentale, liées
à l’apparition d’une véritable architecture religieuse. Les recherches effectuées
pour tenter de cerner l’origine du type du kouros (jeune homme, en grec)
indiquent aujourd’hui qu’il faut attribuer aux régions ioniennes et aux
Cyclades un rôle aussi important qu’à la Crète.
Le kouros représente un jeune homme — identifié souvent comme Apollon —
nu, debout, la jambe gauche généralement avancée pour figurer l’attitude
de la marche, généralement les bras tendus le long du corps.
On définit six groupes chronologiquement ordonnés :
La plupart de ces statues sont en marbre, mais d’autres étaient sculptées dans une pierre tendre, le pôros , et plus nombreuses encore étaient celles de bronze qui ont presque toutes disparu, fondues par la suite pour des usages pratiques....ou guerriers.
Il existe d’autres types que le couros et la coré. Des sculpteurs athéniens ont composé dès avant le milieu du 6°siècle de véritables groupes: le fidèle qui porte sur ses épaules le veau du sacrifice, ou le cavalier vainqueur qui fait corps avec sa monture et qui, pour répondre aux acclamations, tourne la tête vers le public (Cavalier Payne-Rampin ).
L'école la plus féconde est celle d’Athènes, mais sur la côte d’Asie Mineure et dans les îles voisines, des artistes de grand talent ont produit des chefs-d’œuvre dont le plus célèbre est la Héra de Samos.
Dans la statuaire des couros et coroï on observe une maîtrise croissante des formes, une volonté de perfection dans le traitement des positions, dans la représentation de la musculature, dans l'interaction des parties du corps entre elles (Ex: le pied gauche en avant interagit sur la position des épaules et du torse) et dans le "frémissement" que l'on arrive à donner à la pierre. La dissection pratiquait à cette époque n'est pas étrangère a ce résultat dans l'art.
Oeuvres présentées :
- 2 couroï de Delphes, 2m16 de haut (580) illustrant
probablement la légende de Clèobis et Biton, chaussés de bottines, bras légèrement
fléchis, le modelé est proche de celui employé par les bronziers
- Coré de Samos de 1m95 (570), acéphale , sur une base
ronde permettant l'encastrement, tunique évasée jusqu'aux pieds. Dédicace verticale
sur la tunique.
- Couros de l'île de Mélos
- Couros de Pteion (520) : les bras se détachent du corps,
et l'on sent un mouvement en cours. Les dissymétries ont été observées et sont
représentées
- Couros d' Anavyssos (520) : On est proche de la perfection
dans la représentation
- Couros d' Aristodikos de 1m95 : On notera la perfection
du "dialogue" entre les muscles et la charpente osseuse. Également on constatera
que, contrairement aux représentations précédentes il a les cheveux courts
Autres oeuvres présentées
- Allée des lions dans l'ile de Delos (Cyclades)
- Maître du Dipylon (690) : Très belle tête à la chevelure
magnifiquement traitée, au visage aux courbes douces mais un peu molles
- Cavalier Rampin (6° s)
: Recherche très décorative de l'épiderme qui s'oppose au "granulé" de la barbe
et de la chevelure.
Âges
obscurs ![]()
Période préclassique