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Les Ramessides
Menaces extérieures et intérieures
Au cours des 19 et 20° dynasties, (XIIIe et XIIe s. av. J.-C.), le niveau de la culture demeure élevé et l’art produit toujours des chefs-d’œuvre; l’Empire, partiellement reconstitué, demeure puissant; les pharaons guerroient et se font creuser de somptueux tombeaux dans la vallée des Rois. Mais deux faits importants demeurent des signes avant-coureurs de l’orage.
La moralité individuelle n’est guère
meilleure. Peu de temps après le drame de la succession royale,
un prêtre d’Éléphantine réussit à voler
les biens du dieu, à suborner des femmes mariées, à
mettre à mal ceux qui tentaient de le ramener au devoir. Traduit
en jugement, il dut être acquitté, car on le retrouve plus
tard nanti de grades supérieurs à ceux qu’il possédait
au temps du procès.
Pourtant après l’épisode de Tell-el-Amarna, la renaissance ramesside avait été
brillante. Séthos Ier avait repris les armes en Palestine. Ramsès II avait même
tenté de reconstituer l’empire de Thoutmosis III et avait remporté sur les Hittites,
durant la 5° année de son règne, près de Qadech, sur l’Oronte, une victoire
que les écrivains du temps chantèrent en un poème épique. Comprenant que les
événements internationaux de l’Asie antérieure jouaient un rôle de plus en plus
important, il transporta sa capitale à l’est du Delta, à Pi-Ramsès. Peu
à peu, il substitua la diplomatie à la guerre et il alla même jusqu’à épouser
une princesse hittite. En réalité, Égyptiens et Hittites, inquiets de la puissance
croissante des Assyriens, qui avaient conquis le royaume de Mitanni, essayèrent
d’enrayer les progrès des terribles conquérants mésopotamiens, et ils y réussirent
durant de longues années par leur entente.
Seuls, les Peuples de la mer, sous la conduite d’un Libyen, firent courir un sérieux danger à l’Égypte, où régnait le fils de Ramsès II, Minephtah. Ce dernier les battit et compléta par une campagne en Asie sa conquête des confins libyques.
Ecroulement de la vie sociale
La XIXe dynastie finit dans l’anarchie; mais un
souverain énergique, Setnakht, puis son fils Ramsès
III, rétablirent la situation. Peu de temps après, ce
fut le retour des terribles Peuples de la mer. L’invasion est racontée
sur le mur extérieur du grand temple de Medinet-Habou. Les successeurs
de Ramsès III, éblouis par la gloire de leur prédécesseur
Ramsès II et par son interminable règne, prirent son nom
pour l’imiter. Mais l’irrémédiable décadence se poursuit
et les 8 Ramsès qui lui succédèrent ne surent pas
remédier au vieillissement de la société de leur temps.
Les fonctionnaires corrompus volent la paye des ouvriers de la
nécropole royale. Des grèves s’ensuivent, qui affaiblissent
le système social. Le petit peuple affamé par les
malversations des supérieurs pille les tombes royales. Les
enquêtes, les procès, les châtiments, rien ne peut arrêter
les méfaits des gens qui ont faim. A la fin du IIe millénaire,
l’Égypte conquérante et impériale ne régnera
ni ne rayonnera plus vraiment hors de ses frontières, elle entre
dans ce qu’on appelle la Basse époque avec une auréole
de gloire; elle jouera encore un rôle international, tant que durera
son indépendance, mais politiquement elle ne régira plus
le monde.
L’une des causes de cet abâtardissement doit être cherchée dans l’enrichissement considérable du sacerdoce d’Amon. Les valeurs matérielles, or, métaux précieux ou rares, mobilier, esclaves et surtout immenses domaines fonciers, préoccupèrent finalement le clergé au point de lui faire perdre le sens de ses responsabilités spirituelles. Le niveau moral personnel des prêtres baissa, et le premier prophète d’Amon s’empara en fait du pouvoir politique pour devenir maître des biens de l’État, avant même de prendre officiellement la titulature royale au temps d’Hérihor et de Pinedjem.
Persistance d’une civilisation brillante
À ce moment pourtant, le bilan de la civilisation
égyptienne est extraordinaire. La structure politique avait créé
une stabilité sans égale: le roi dieu, fils du Dieu créateur,
a reçu l’empire universel sur la création de par son droit
d’héritage. Il est maître du monde de jure et doit le
devenir de facto. Mais il a le devoir, aussi, de rendre compte à
son père de son gouvernement. Ce dernier vit essentiellement de
Maât, vérité, justice, norme même du monde, sans
laquelle il ne saurait exister. Si le roi ne lui présente pas Maât,
le Dieu le juge.
Les sages composent d’admirables manuels, non seulement de morale, mais
même de vie intérieure. Ils y recommandent, pour atteindre
Dieu, le silence et le dépouillement. Les fonctionnaires se vantent,
dans leurs inscriptions biographiques, d’avoir respecté ces règles,
auxquelles on les avait initiés, sans doute dans la Maison de Vie,
et d’avoir suivi leur conscience, le dieu qui est dans l’homme. Akhenaton
a même proclamé l’égalité des hommes de toutes
races et de toutes couleurs et conçu un véritable humanisme.
Dans les arts
La
finesse des sentiments et des idées dans la sculpture et la peinture,
nous émeut et nous charme encore. Il en va de même pour la littérature :
Le roman, se pare de fines descriptions de la vie quotidienne et explique les
faits et gestes des héros par leur psychologie. Les historiographes des annales
royales notent les faits à la gloire du souverain avec une exactitude un peu
sèche, mais les poètes de cour créent de véritables poèmes épiques pour une
bataille comme celle de Qadech. La poésie lyrique devient plus personnelle,
et des chants d’amour accompagnés de musique divertissent, lors des banquets,
des convives qui apprécient non seulement le luxe mais aussi les choses de l’esprit.
On compose pour l’éducation des fonctionnaires des recueils de morceaux choisis
qui nous ont conservé quelques belles pages d’œuvres aujourd’hui perdues. Des
hymnes aux dieux exposent, au moyen d’images, toute une théologie approfondie,
et le chant que composa, pour Aton, le roi Akhenaton est un des grands textes
de la littérature religieuse. Les Enseignements moraux sont devenus de
véritables guides spirituels.
A Amarna capitale voulue par Aménophis 4/Akhénaton se trouve les tombes royales et des nobles de son règne.
Dessin
de la tombe de Méreré représentant Aménophis 4 et Nefertiti penché à la fenêtre
d'apparition et distribuant des colliers de récompense à Méreré
Le livre funéraire (ou "livre pour sortir le jour) est regroupé en 200
chapitres. On retrouve l'illustration de ceux-ci sur les murs des tombes, les
sarcophages, les mobiliers funéraires
L’architecture bâtit à nouveau en taille colossale, et ses constructions, qui disposent maintenant de l’immense «champ» thébain, s’étendent sur d’impressionnantes aires et s’adaptent résolument au site nouveau.
- Pylone de la tombe de Ramsés 1
-
Temple de Séthi 1° à Abydos : Plan en L. L'architecture
est classique de l'époque de la 19° dynastie : 2 pylônes chacun desservant
une cour. Accès à 2 salles hypostyles puis 7 petites chapelles sur le coté du
sanctuaire. Derrière ces chapelles les appartements "Osirien" ou le roi recevait
le culte en compagnie d' Isis et d' Osiris.

- Ramesseum à Thébes ouest :
Il s'agit du tombeau de Ramsés 2. Deux pylônes ouvrant chacun sur une cour, entourées de colonnades. 3 salles hypostyles, sanctuaire, magasins en brique pour entrepose le nécessaire du culte (offrandes, barque, ...) dont les plafonds sont voûtés en plein cintre !
- Ramsés 2 agrandi Karnak :

Ramsés
2 en granit noir, assis. Il porte le casque rond (Nepresh ???) le pagne
et une chemise à manches évasées.
- Vue du temple de Ramsés 3 à Médinet Habou au plan semblable à celui de Ramsés
2 . Il fut comme son père Setnakht un grand bâtisseur. Il fit face aux invasions
des peuples de la mer venant d' Anatolie et des îles égéennes.
- Statue de Ramsés 3 en porte enseigne du roi Amon, une tête
de bélier au sommet de l'enseigne. Ramsés porte le pagne
de cérémonie et la perruque tressée et longue à la mode à cette époque
- Tombe de Nefertari dans la vallée des reines. Sur les murs des peintures :
Néfertari jouant au jeu de Sénet- Tombe de Padesh adorant le dieu Ré. Autre peinture de Pashed en train de s'abreuver sous un palmier Doum
Statuaire
- Statue cube en granit de Senmout avec devant lui la tête
de Néferouré, fille d'Hachepsout.
- Amenhotep, fils de Hapou: Statue très réaliste,en granit, d'un sage divinisé
comme un dieu guérisseur
- Groupe familial en granit : Sennefer, occupant de la "tombe aux vignes" (son
plafond est recouvert de pampres de vigne) accompagné de son épouse Senetnai,
assis, avec leur fille Moutnefret entre leurs jambes. Sennefer porte autour
du cou 4 colliers de récompense.
- Statue en bois (50cm) : écuyer d'Aménophis 3 : Debout, pagne plissé, écharpe,
colliers de récompense, perruque longue de mèches tressées.Travail élégant et
raffiné
- Dans une niche statue en quartzite du sculpteur Nak et de son épouse avec
le réalisme du règne d' Aménophis 4 (ventre rond du sculpteur), traits réalistes,
cuisses épaisses de l'épouse.
Statuaire Ramesside :
- Statue de Maya et Merit en calcaire. Maya directeur du trésor
puis inspecteur des travaux , porte la perruque ramesside dégradée avec 2 pans
tressés sur les épaules. Le pagne est plissé. Son épouse a également la perruque,
et une robe de lin blanc dont les manches sont évasées
- Intendant Hapy (Karnak) en quartzite. Perruque avec calotte de mèches et 2
pans tressés sur les épaules
De
nouveaux types de statues apparaissent :
-Porte enseigne : Penbourg, statue en bois tenant une enseigne divine
de chaque coté (Ptah et Amon)
-Statues naoforme : statue de Mahouhy, grand prêtre d' Amon sous
Sethi 2 , en shiste, présentant devant lui un petit naos contenant
une statuette du dieu Amon
-Statue stéliforme
Arts graphiques
Dans une tombe royale la pesée du coeur devant le tribunal d' Osiris: le défunt
se présente au dieu embaumeur Anubis, le dieu Thot à tête d'ibis enregistre
le résultat de la pesée. Si le coeur est plus lourd que la plume il sera dévoré
sinon le défunt mènera sa vie auprès des dieux qui lui donneront des terres
qu'il pourra cultiver (champs d'Ialou)
Arts mineurs
A Der-el-Medineh, à l'est de Thébes, se trouve le
village (fondé par Toutmosis 1°) des artisans qui travaillaient dans la vallée
des rois et des reines. Il y a eu jusqu'à 120 familles d'ouvriers. Le village
est divisé en 2 quartiers : Est et Ouest
Les tombes des ouvriers étaient aménagées dans les falaises alentours. Elles
étaient petites, souvent surmontées d'une pyramide avec pyramidion; sur un coté
de la pyramide une stèle représentait le défunt adorant le soleil (Ex: Caveau
de Sennedjen). Les murs intérieurs sont peints comme dans les tombes royales
avec des thèmes de la vie courante et souvent des chapitres illustrant le livre
des morts; également scènes de momification, d'ouverture de la bouche de la
momie ....
Les maisons accolées étaient composées d'une pièce avec l'autel, une salle
au toit surélevé, une chambre et les communs. Un escalier permettait l'accès
à la terrasse
C’est sur un pays affaibli que régnèrent
les pharaons établis à Tanis du Xe au milieu du VIIIe siècle
(21° et 22° dynasties).
Création du royaume hébreu
C’est durant cette période que se constitue le royaume
hébreu de David et de Salomon. Mais un prince libyen, Chéchanq
Ier, monta sur le trône vers 950 et fonda la 22° dynastie libyenne.
Il tenta de reprendre une politique d’expansion et fit en Palestine une campagne
au cours de laquelle il pilla Jérusalem, dont il emporta tous les trésors..
Le souvenir de cette puissance apparente de l’Égypte inspirera
le parti égyptophile à Jérusalem, mais ne trompera pas l’attention avisée des
Prophètes, pour qui l’Égypte demeure vacillante en face de la puissance assyrienne
puis néo-babylonienne.
Domination éthiopienne
Les
pharaons qui succèdent à Chéchanq sont incapables de se faire obéir de leurs
vassaux. Leurs luttes aboutissent en tout cas au triomphe, apparemment facile,
d’un roi de Kouch (région du haut Nil, en amont de la deuxième cataracte), Piankhy
qui fonde la 25° dynastie éthiopienne en 730. C’est la première fois qu’une
invasion quelque peu durable vient du Sud. Ce roi régnait à Napata, un peu en
aval de la 4° cataracte. La civilisation de son royaume et son dieu principal,
Amon, étaient empruntés à l’Égypte, mais bien des traits de son organisation
sociale et de ses coutumes monarchiques dénotent une origine purement soudanaise.
Architecture
- Plan d'un ensemble cultuel de la 21° dynastie avec un temple pour
chaque dieu de la triade de Tanis : Amon - Mouth - Khonsou
- Tombe de Psousennés 1° (fils de Smendes) : cercueil en argent massif contenant
la momie et son masque funéraire en or qui rivalise avec celui de Tout-en-khamon,
bracelets de cheville et de bras en or massif, lapis-lazuli et cornaline
- Plan du temple d' Amon-ré à Karnak. Une première
cour avec portique des Bubastides contient les vestiges de petits kiosques
composés de 2 rangées de 5 colonnes
Statuaire
- Statues votives mais plus de statues funéraires. Références aux courants
stylistiques des périodes précédentes.
- Statue cube de Hor (23° dyn) en granit. Le modelé du corps est plus apparent
que les anciennes statues du même type. Représentations divines sur le drapé
du manteau qui recouvre la statue.
- Statue en bronze de style ancien empire : pagne court, perruque courte et
bouclée, pieds nus
- Tète du roi Taharqua en granit (25° dynastie)
Art mineurs
- Triade d' Osorkon en or et socle central en verre et lapis-lazuli
(22° dyn)
- Karomama : Divine adoratrice d' Amon en bronze, or, argent et electrum impliquant
une excellente maîtrise des techniques du métal
L’époque saïte : 26 ° dynastie
Psammétique, protégé des assyriens et d' Assourbanipal fonde la XXVIe dynastie indigène, dite saïte, du nom de sa capitale Saïs.
Il dut d’abord éliminer, dans le Delta, les féodaux que les Assyriens avaient favorisés pour affaiblir les risques de rébellions. Ce furent les «hommes de bronze» prédits par l’oracle, Ioniens et Cariens cuirassés, qui l’aidèrent à cette besogne. Mais la haute vallée du Nil demeurait à demi indépendante. Et, pourtant, durant presque un siècle et demi, l’Égypte a retrouvé sa jeunesse et brille d’un dernier éclat. On a donné au VIIe siècle le nom bien mérité de renaissance saïte. Le sentiment national, avivé par les invasions précédentes, incite à revenir au passé.
Psammétique Ier, inquiet de l’accroissement de la puissance néo-babylonienne, tenta en vain de secourir l’Assyrie qui succombe en 612. Son fils, Nekao, donne à l’Égypte une puissance navale et fait accomplir un périple autour de l’Afrique. Il organise la résistance des anciennes marches asiatiques de l’Égypte et bat à Meggido le roi Josias de Juda. Mais Nabuchodonosor écrase Nekao à Karkémich (605) et jamais plus la dynastie ne pénétrera au-delà du Torrent d’Égypte. Le successeur de Nekao, Psammétique II, dut se retourner contre les Kouchites qui préparaient une nouvelle invasion de l’Égypte. Remontant le Nil, ses mercenaires conduits par les généraux Amasis et Potasimto pénétrèrent très loin en territoire ennemi et atteignirent probablement la quatrième cataracte.
C’est sous le roi Apriès que Jérusalem fut prise une seconde fois, détruite de fond en comble, et que Nabuchodonosor emmena les Juifs en exil à Babylone (586). Sans doute le roi d’Égypte avait intrigué encore en Palestine, et Jérémie, comprenant l’irrémédiable faiblesse de l’Égypte, avait vainement tenté d’empêcher son roi d’entrer en révolte ouverte contre Babylone. Après une guerre désastreuse contre Cyrène, le malheureux pharaon fut détrôné par le général Amasis dont l’habileté maintint encore pendant 42 ans son pays en paix (568-526), en dépit d’une tentative de Nabuchodonosor pour asservir l’Égypte. Mais le jeune empire perse se développait sous l’égide d’un grand conquérant, Cyrus. Celui-ci en 539 avait pris Babylone et régnait en maître sur toute l’Asie antérieure. Lorsque Amasis mourut Psammétique III, son fils, trahi par un général grec de son père, fut vaincu à Peluse en 525, par le successeur de Cyrus, Cambyse. L’Égypte allait devenir une simple satrapie de l’empire perse.
Cette époque saïte a une importance considérable pour l’histoire de la civilisation, par suite de l’intensité des rapports qui s’établissent alors entre l’Égypte et la Grèce, ainsi qu’avec le royaume de Juda. Amasis, en 565, fonda Naucratis dans le Delta occidental, port franc des Grecs, où ils purent trafiquer à leur aise et échanger, comme ils savaient le faire, non seulement les marchandises, mais aussi les idées. Pythagore et Thalès passent pour avoir voyagé en Égypte. Solon y séjourna certainement et Hérodote, Platon et Euxode y allèrent plus tard et y vécurent sans difficulté. Pour les Grecs, l’aubaine était considérable et ils surent exploiter d’admirable manière les trésors de pensée, de science et de sagesse que l’Égypte avait lentement amassés.
Dans le royaume de Juda, le parti égyptisant, même s’il était combattu par les Prophètes, eut un rôle important. Il continuait, du reste, la vieille tradition de Salomon qui avait créé avec l’aide de scribes égyptiens l’administration de son nouvel État. Mieux, après la prise de Jérusalem et l’exil, des communautés juives échappées au désastre se réfugièrent en Égypte où elles rejoignent celles qu’avaient formées les mercenaires hébreux enrôlés par les pharaons ou ceux qui s’étaient réfugiés en Égypte au temps de Manassé. L’une d’entre elles, celle d’Éléphantine, nous est connue par des documents contemporains, mais d’autres existèrent à coup sûr à Thèbes ou à Memphis. Elles préludent à l’établissement massif des Juifs à Alexandrie et constituent un des intermédiaires entre l’Égypte et Israël à une époque particulièrement féconde pour l’histoire des idées religieuses.
Les Perses n’interrompirent pas ces rapports. L’unité de leur empire facilitait au contraire les communications. C’est pendant le règne d’Artaxerxès qu’Hérodote visita l’Égypte, et sans doute bien des Grecs y voyagèrent ou y guerroyèrent. Le sentiment national des Égyptiens était, cette fois, exacerbé par l’asservissement. Il est probable que Cambyse, qui n’avait pas l’habileté de Cyrus, l’excita par des maladresses. Darius tenta d’apaiser le mécontentement en procédant à l’unification des lois propres à l’Égypte et en intensifiant le commerce lorsqu’il ouvrit ou fit rouvrir le canal de la mer Rouge à la Méditerranée.
Sans
doute les Égyptiens composèrent-ils des titulatures hiéroglyphiques pour les
rois perses des 27 et 28° dynasties comme ils l’avaient fait pour les
rois kouchites. Mais c’est uniquement parce que leurs conceptions sociales exigeaient
un souverain. Ils en feront autant pour les rois macédoniens et pour les empereurs
de Rome, sans les aimer davantage. D’ailleurs, ils ne cessèrent de se révolter.
Amyrtée de Saïs libéra le pays ou régna encore 3 dynasties indépendantes : les
28, 29 et 30°. Puis des luttes personnelles pour la succession au trône vinrent
aggraver la fragilité de cette indépendance. Les derniers pharaons indigènes
firent tout ce qu’ils purent pour ourdir autour de la Perse un tissu d’intrigues
et d’alliances destinées à prévenir tout nouvel asservissement. Nectanébo
Ier réussit, avec l’aide de l’inondation, à mettre en fuite une armée perse
parvenue à Memphis en 373. Son fils Téos, ayant réuni, au prix de sacrifices
énormes une importante armée de mercenaires grecs, résolut de prendre l’offensive
et d’aller attaquer les Perses chez eux. Mais, trahi par les siens, il dut finalement
demander asile à la Perse (359).
Son successeur, Nectanébo II, repoussa une première attaque perse en 351, mais dix ans après, Artaxerxès III Ochos avec une force considérable soumit une seconde fois l’Égypte. Nectanébo résista encore deux ans en Haute-Égypte, puis tout le pays passa aux mains de l’étranger. La révolte fut durant un certain temps endémique. Les Perses étaient abhorrés et, apparemment, avaient fait peser durement leur joug sur l’Égypte reconquise. Aussi la défaite de Darius Codoman à Issos, en 333, fut accueillie avec joie au bord du Nil.
Dans les arts
Durant l'époque saïte, on exhume les vieux textes, on recopie dans certains tombeaux les formules mêmes des pyramides. On imite les anciens bas-reliefs que l’on va copier jusque dans les monuments funéraires royaux des plus anciennes dynasties. L’art atteint une perfection parfois un peu froide et académique mais, parfois aussi, vraiment expressive. C’est de cette époque que datent, en statuaire, ces vigoureux portraits individuels que l’art romain semble avoir imités.
Innovation
dans les temples avec des colonnes composites à fut lisse et des murs
d'environ 3m de haut qui relient les colonnes entre elles du pronaos protégeant
celui-ci des regards des visiteurs de la cour
Architecture
Pylône inachevé du temple de Karnak avec une allée de
sphinx menant a un quai débarcadère relié au Nil par un canal.
Plan du temple d' Edfou (dédié à Horus) classique des
temples de cette époque :
- Esna, au sud de Louxor : Facade de la salle hypostyle
du temple de Khnoum. L'hypostyle a également les murs écran comme à Edfou
- Dendera : Temple d' Hathor avec ses colonnes hathorique
et ses murs d'entrecolonnement.
- Détail d'un caisson de la salle hypostyle : Nout arc
bouté en arrière au dessus de la terre mettant au monde le soleil
- Philae
.Temple d' Isis

Pourtant
ces deux dates, 333 et 30, qui marquent la fin de l’Égypte nationale, puis la
fin de l’Égypte ptolémaïque, ne sont pas celles du terme de la civilisation
égyptienne. Elle continua à vivre jusqu’à ce que le christianisme l’eût supplantée
en s’appuyant sur ce qu’elle avait de meilleur. Maison de naissance ou Mammisi (Temple de l'accouchement servant également à la célébration du mystére de la naissance divine) et situé à proximité du sanctuaire : On trouve ces temples de l'époque ptolémaïque , entre autres, à Edfou et dans l'ile de Philae.
Kiosque de Trajan (2° siècle) à Philae qui servait probablement lors des processions divines de reposoir aux barques. Il possède de belles colonnes composites reliés par des murs d' entrecolonnement